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mercredi 6 juillet 2011

LE REGLEMENT PACIFIQUE DES CONFLITS ARMES AFRICAINS : Cas de la Collaboration entre l’ONU et l’Union Africaine dans la Crise au Darfour (Soudan)

Philippe Tunamsifu Shirambere (Juin 2011)


Depuis la vague d’indépendance des pays africains dans les années 60, nombreux, jusqu’à ce jour, sont en proie à des graves conflits internes qui continuent de causer d’effroyables souffrances aux populations tout en ayant et laissant des conséquences désastreuses sur le développement du continent tout entier.
Ces crises n’épargnent aucune région géographique du continent dont l’un des impacts est également l’apparition de réfugiés vivant dans des conditions difficiles et sans assistance adéquate. C’est pourtant dans ce contexte qu’évoluent certains Etats africains dont notamment la République Fédérale du Soudan.
Actuellement, le Darfour, situé dans le Nord-ouest du Soudan, traverse une crise qui a débuté en février 2003 et intensifié en juillet 2003. Dans cette région des combats opposent les forces armées soudanaises, ses milices alliées Janjawids à deux mouvements rebelles soudanaises organisés : le Mouvement pour la Justice et l’Egalité et le Mouvement pour la Libération du Soudan. Des combats atroces s'y déroulent et, en conséquence, un fort sentiment de vengeance plane. Le peuple est entré dans une spirale dangereuse qui s'avère très complexe à dénouer.
La République Fédérale du Soudan est membre à la fois de l’ONU et de l’Union Africaine (UA) ; deux organisations créées par les Etats en vue de s'assurer une sécurité collective. Cette situation a attiré notre attention: un Etat au sein duquel s’est développée une situation de nature à troubler la paix et la sécurité internationales et qui s’est vu s'exercer sur son territoire la compétence des organisations dont il est membre. La question était de savoir comment ces deux Organisations coordonneraient leur action de sorte que l'une n'annihile les efforts de l'autre ou inversement que l'une soutienne l'action de l'autre?
En effet, l'ONU, cadre politique global et institution politique de référence pour assurer et maintenir la paix et la sécurité de par le monde; vu sa lenteur, l’éloignement géographique de son siège et la façon dont elle est très sollicitée, est-elle une institution appropriée pour gérer ou résoudre les crises internes en Afrique?
L'UA, un organisme régional, peut-elle trouver son chemin de manière autonome pour obtenir le poids diplomatique alors qu'elle manque de moyens financiers et logistiques propres pour régler les conflits et apporter des solutions efficaces dans la région?
Pour régler les conflits ou les problèmes régionaux, la communauté internationale est unanime qu’il faut privilégier l’intervention des organismes régionaux. C’est pour cela nous pensons qu’il faut soutenir l’institutionnalisation régionale comme première phase en matière de règlement des conflits bien qu’il semble évident que l’UA et l’ONU doivent pleinement coopérer selon les prescrits des articles 52 (1) de la Charte de l’ONU et 3 (e) de l’Acte Constitutif de l’UA.
Eu égard aux souffrances indicibles qu’a connue la population civile du Darfour et à ses responsabilités régionales, l’UA n’est pas resté indifférente lorsqu’elle s’est déclarée préoccupée. Faisant usage de l’art 4(h) de l’Acte Constitutif, elle s’est  vue dans l’obligation d’intervenir au Darfour avec l’objectif de résoudre cette crise. Par cette intervention, le Conseil de Sécurité, dans ses résolutions pour le Soudan, n’a cessé d’encourager l’initiative africaine, dans son  rôle central et légitime de régler seule le conflit à travers des mécanismes africains, comme étant d’une évolution significative.
La Mission de l’UA au Soudan, la première mission importante de paix, déployée au Darfour depuis mai 2004, était chargée de faire respecter l’Accord de paix d’avril 2004  entre le gouvernement central et les deux mouvements rebelles. Elle a été handicapée par un manque de moyens financiers et matériels qui l’a empêchée de déployer l’intégralité du contingent prévu. C’est ainsi que, l’UA, faisant usage de l’art 17 (2,4) du Protocole relatif à la création du Conseil de Paix et de Sécurité de l'UA, avait présenté une requête aux NU pour obtenir son assistance. A cette requête, l'ONU avait mobilisé ses membres et toute la communauté internationale afin d’apporter assistance nécessaire à l’UA pour régler la crise du Darfour. Plus tard, considérant que la situation qui règne dans la région du Darfour continue de faire peser une menace sur la paix et la sécurité internationales, le Conseil de Sécurité avait autorisé, par sa résolution 1769(2007) le déploiement d’une opération hybride UA/NU au Darfour (MINUAD).
Le premier chapitre de ce live analyse d’une part la crise au Darfour, son origine, évolution et déroulement, et d’autres parts les mécanismes pacifiques de règlement des conflits armés. Au second chapitre, nous nous appesantissons sur les modes  de règlement des conflits armés propres à chaque organisation l'action de l'UA en collaboration avec l'ONU et les perspectives d'avenir.
En définitive, nous avons suggéré la création d’une commission d’enquête internationale afin de faire la lumière sur les exactions commises sur la population et déféré à la justice les coupables. Aux Etats africains de prendre leurs responsabilités en dotant à l’Union des moyens nécessaires et à l'Organisation des Nations Unies de créer une caisse de péréquation afin de palier à toute situation de crise en collaboration avec les organismes régionaux et enfin initier une table ronde sur le partage de responsabilité entre les parties belligérantes, la société civile et l’opposition non armée.

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