I. INTRODUCTION (module)
La beauté de la femme est souvent à l’origine de son malheur. La jeune fille est une victime potentielle des violeurs de tous bords, si elle a le malheur de se trouver sur leur chemin. Et pourtant, la femme était l’objet de toute protection mais curieusement, aujourd’hui, elle est devenue la véritable cible.
Des nombreuses femmes de tout âge se voient imposer des relations sexuelles avec des inconnus, subissent des agressions de toute sorte sans aucune résistance.
Les auteurs des violences sexuelles sont les plus souvent des membres des groupes et forces armés, des personnes civiles et même les casques bleus de la MONUC. Ces violences se commettent à domicile, dans des champs alors qu’elles entreprenaient leurs activités quotidiennes ou qu’elles se rendaient chercher de l’eau, du bois pour la survie de leurs ménages.
Le taux de violences sexuelles dans une province conflictuel ou post conflit armé est criant ou visible. Ces violences sont souvent suivies des blessures graves, d’infections et pour certaines jusqu’à ce que la mort s’en suive.
Actuellement, nous remarquons que les violences sexuelles « VS » sont devenues un enfer quotidien et deviennent un phénomène qui prend une allure non négligeable malgré l’adoption de deux lois relatives aux VS du 20 juillet 2006 ; voilà pourquoi la Clinique Juridique de l’ULPGL ne pouvait pas garder silence étant donné que d’aucuns n’ignorent que les femmes sont le ciment qui unit les familles, les communautés ainsi que les nations. Les séances de vulgarisation des lois sur les violences sexuelles (VS) sont indispensables car un des moyens pour éradiquer l’ignorance de personnes qui s’engagent dans cette criminalité.
La Province du Nord Kivu figure parmi les provinces les plus touchées par ce fléau. Les statistiques de 2008 font état de 3063 cas incident des VS et en 2009 4008 cas.
Dans ce module, nous proposons de répondre successivement aux questions suivantes :
Ø Que peut-on entendre par VS ?
Ø Comment reconnaitre les traumatismes liés à la violence ?
Ø Quels sont les signes des violences et d’agressions sexuelles chez les enfants ?
II. VIOLENCES SEXUELLES C’EST QUOI ?
Il y a VS dès que l’on oblige quelqu’un, par la force ou par la séduction, homme, femme ou enfant, à avoir des rapports d’ordre sexuels et ceci qu’il y ait pénétration ou pas. La contrainte ou la soumission sexuelle est une expérience terriblement traumatisante pour la victime. Aucune personne n’a de plaisir à être violée : ça fait mal, ça blesse, ça détruit…
En outre, exercer une séduction ne veut pas dire du tout un rendez-vous. De même, ce n’est pas parce qu’un homme ressent du désir en voyant une femme qu’il ne peut pas se contrôler! Le viol dans le couple est tout aussi inacceptable. NON, c’est non. Il est inadmissible de forcer quelqu’un à un rapport dont il/elle n’a pas envie par devoir conjugal, avec ou sans pénétration.
Le harcèlement mine ou détruit fortement une relation. Les femmes sourdes ont aussi le droit dire : NON !!! C’est leurs corps et il leurs appartiennent.
III. COMMENT RECONNAITRE LES TRAUMATISMES LIES A LA VIOLENCE ?
Parmi les effets les plus courant ou habituel des traumatismes liés à la violence sexuelle, nous pouvons citer :
v Difficulté à dormir, à s’asseoir, à faire le petit besoin… ;
v S’affamer, avoir le sentiment de ne plus vouloir ou désirer quelque chose ;
v Episodes répétés de violence physique ou sexuelle ;
v Sentiment de haine envers soi-même ou faible estime de soi ;
v Craindre les gens et les relations avec les autres.
Les traumatismes sont provoqués par toutes sortes d’événements qui mettent la vie en danger ou qui sont douloureux sur le plan émotionnel, par exemple un viol.
IV. DES SIGNES DE VIOLENCE ET D’AGRESSION SEXUELLES CHEZ LES ENFANTS
1. Les signes fortement suspects de violence sexuelle
Voici la liste des indicateurs évocateurs d’une violence à caractère sexuel :
ü La présence de sperme sur le corps de l’enfant ou sur ses vêtements.
ü Des lésions traumatiques récentes ou cicatrisées au niveau génital, ou encore de blessure sur une partie de l’organisme, des saignements vaginaux ainsi que des douleurs génitales ou anales doivent impérativement faire suspecter une agression sexuelle. Soulignons cependant que l’intromission par l’enfant lui-même d’un objet (par exemple, un jouet) dans le vagin ou l’anus peut provoquer des lésions similaires à celles causées par une agression sexuelle.
ü Les infections sexuellement transmissibles. Les maladies sexuellement transmissibles font toujours soupçonner une violence sexuelle. Des douleurs et une irritation peuvent signaler de telles infections et doivent attirer l’attention des intervenants.
ü Les déchirures et les cicatrises hyménales sont suspectes. A contrario, l’absence de déchirure de l’hymen n’exclut pas une agression sexuelle. En effet, d’une part, il peut y avoir pénétration vaginale sans déchirure de l’hymen ; d’autre part, il peut y avoir violence sexuelle sans pénétration vaginale, les abus perpétrés contre les enfants consistant aussi en attouchements, simulations d’acte sexuel, pénétrations anales ou buccales.
2. Les signes fortement suspects d’une agression sexuelle
Outre les troubles, les jeunes victimes peuvent manifester des réponses émotionnelles et comportementales plus spécifiques des violences sexuelles.
ü Le rapport à la sexualité. Les troubles de la conduite sexuelle et les comportements sexuels précoces doivent dans tous les cas faire suspecter des abus sexuels.
ü Les conduites de répétition. Les enfants sexuellement agressés mettent en scène des aspects ou des thèmes de l’agression sexuelle de manière répétée dans leurs dessins, leurs jeux ou leurs fantaisies (par exemple, jeu « papa et maman ». A contrario, d’autres enfants manifestent un rejet de tout ce qui touche à la sexualité. De plus, l’enfant peut reproduire des scènes qu’il a surprises (par exemple, adultes se livrant à des rapports sexuels en réalité ou à la télévision). Dans tous les cas, ces comportements doivent interpeller les adultes.
ü Le rapport au corps et à l’hygiène. Certains enfants expriment leur peur que leurs parties génitales soient endommagées, déclarent que leur corps est sale ou se livrent à des rituels de lavages obsessionnels. D’autres au contraire refusent d’être changés, craignent la toilette des organes génitaux ou négligent soudainement leur hygiène.
ü Le rapport à la nudité. Un refus brutal de se déshabiller pour aller se coucher (parfois doublé d’une tendance à se barricader la nuit) ou de se dévêtir en public dans des lieux ad hoc (piscine, plage, vestiaire sportif, etc.) et la manifestation soudaine d’une gêne inhabituelle devant un adulte sont également en faveur d’un abus de nature sexuelle.
ü Le rapport aux autres. On doit se poser la question d’une maltraitance lorsque l’enfant refuse soudainement, sans raison apparente ni compréhensible, de côtoyer ou de rester seul en présence d’une personne jusqu’alors appréciée ou tolérée ou lorsqu’il déclare abruptement qu’il la déteste. Une conduite d’évitement ou une peur subite des adultes du sexe opposé ou du même sexe (type de peur déterminée par le sexe de l’abuseur) doit également inciter à envisager un vécu de violence. La volonté déclarée d’un adolescent de ne pas se marier ou de ne pas avoir d’enfants, pour banale qu’elle puisse être, doit être interrogée lorsque elle est couplée à d’autres signes préoccupants.
NB : Des signes ne suffisent pas car la tendance pout tout violeur est de rejeter ou nier ce qui lui est reproché. La présence de sperme doit vous amener à conduire la personne violée à faire un test ADN avant que la victime ne se lave mais aussi permettra de découvrir s’il y a ou non infection et/ou grossesse.
V. CONCLUSION
En définitive, parler des VS n’est pas commun par peur de rejet voilà pourquoi les victimes préfèrent rester dans le silence, et par honte évitent d’aller dans une structure pour recevoir des soins adéquats.
Mais aussi en raison d’un système judiciaire réduit à l’impuissance, il n’y a ni justice ni réparation pour les crimes commis. Le climat d’insécurité permanente implique que ces femmes victimes vivent dans l’anonymat et dans la peur des nouvelles attaques si elles venaient à briser le silence pour demander justice.
Pour essayer d’éradiquer ce fléau, BRISER LE SILENCE demeure un atout très capital auquel les victimes hommes, femmes et enfants doivent se livrer pour na pas donner une occasion d’or aux violeurs qui peuvent toujours se réfugier derrière cette attitude passive de victime.
VI. CONSIGNES
Pour bien communiquer ce sujet, le facilitateur partirait des questions suivantes qui lui amèneront à éclairer l’opinion.
- Est-ce qu’il y a des cas des violences sexuelles ici chez vous ?
- Si oui, quels sont les cas (sorte ou forme) des VS les plus courants ?
- Quelles sont les causes des VS les plus couramment observées dans votre milieu ?
- Quels sont les profils des victimes, des auteurs et dans quelles circonstances?
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